Blog-note de jef safi

 

vide médian

t’CG : théorie pataphysique de la Créativité Générale

Métaphysique ↓→ Ontologie Monadologie Phénoménologie →↑ Cosmogonie

hic Δ nunc ↓→ Monade Phénome Phénomène Univers →↑ Multivers

entropie ↑→ in-formation linéament puissance mémoire →↓ créativité



P r é a m b u l e

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P r o p o s i t i o n s

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C o r o l l a i r e s

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S c o l i e s

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- "C’est cela, la double capture, la guêpe ET l’orchidée : même pas quelque chose qui serait dans l’un, ou quelque chose qui serait dans l’autre, même si ça devait s’échanger, se mélanger, mais quelque chose qui est entre les deux, hors des deux, et qui coule dans une autre direction. Rencontrer, c’est trouver, c’est voler, mais il n’y a pas de méthode pour trouver, rien qu’une longue préparation. Voler, c’est le contraire de plagier, de copier, d’imiter ou de faire comme. La capture est toujours une double-capture, le vol, un double-vol, et c’est cela qui fait non pas quelque chose de mutuel, mais un bloc asymétrique, une évolution a-parallèle, des noces, toujours "hors" et "entre".
( Gilles Deleuze & Claire Parnet - Dialogues )

- "[...] il n’y a pas de structure sans séries, sans rapports entre termes de chaque série, sans points singuliers correspondant à ces rapports ; mais surtout pas de structure sans case vide, qui fait tout fonctionner. [...] À travers les significations abolies et les désignations perdues, le vide est le lieu du sens ou de l’événement qui se composent avec son propre non-sens, là où n’a plu lieu que le lieu. Le vide est lui-même l’élément paradoxal, le non-sens de surface, le point aléatoire toujours déplacé d’où jaillit l’événement comme sens. [...]"
( Gilles Deleuze - Logique du Sens )

- Par Maurice Couquiaud, Un profil de buée :
[...] Le vent du monde emporte des planètes
et les enroule autour des flammes.
Fête multicolore des premières bombes
qui construisent un village dans le néant
à grands coups de fusions contagieuses,
de rayonnements furtifs, d’expansions géantes.
Tous les desseins de l’existence
se glissent au fond de la matière
pour la grande parade des conséquences,
l’alignement des faits,
la foire des sous-produits.
Le hasard se ruine en circonstances.
Rupture d’espace. Voltige du temps.
L’avenir se fripe dès qu’il s’assoit
comme l’étoffe dont il s’habille.
[...]

- A vrai dire il n’y a jamais d’immobilité véritable, si nous entendons par là une absence de mouvement. Le mouvement est la réalité même.
( Henri Bergson - La perception du changement, La Pensée et le Mouvant )

- Par Friedrich Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra) :
"Au-dessus de toutes choses se tient le ciel Hasard, le ciel Innocence, le ciel Accident, le ciel Exhubérance".

- "Ce qui est premier, d’une certaine façon, c’est le chaos : un afflux incessant de ponctualités de tous ordres, perceptives, affectives, intellectuelles, dont le seul caractère commun est d’être aléatoires et non liées. [...] Toute vie est donc d’abord submergée par des "données" de toutes sortes. [...] Le chaos n’est pas une nuit indifférenciée, c’est une infinité où les différences, terriblement inconsistantes, se défont sitôt qu’ébauchées, à toute vitesse." ( Gilles Deleuze, Qu’est-ce que la philosophie ? )

- "La vie est une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, qui ne signifie rien."
( Macbeth de William Shakespeare, souvent cité par Clément Rosset )

- Pour répondre à la question : "Que doit être ce processus de production qui, sans jamais épuiser l’infiniment infini, en fait naître ce qui apparaît par rapport à lui comme limité et fini ?", Deleuze & Guattari répondent par le concept de variation pure (le 2ème impératif) : "le plan d’immanence est toujours unique, étant lui-même variation pure." ( Deleuze & Guattari - Qu’est-ce que la philosophie ? )

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De la Voie (dào) naît l’Un,
d’Un naît Deux,
de Deux naît Trois,
et Trois engendre les Dix Mille êtres.
Les Dix Mille portent Yin sur le dos et Yang dans les bras,
puisant l’harmonie au souffle du vide médian.

( Lǎozǐ - Dao De Jing )

- [...] Ainsi donc, la vertu est la disposition à agir d’une façon délibérée, consistant en une médiété relative à nous, laquelle est rationnellement déterminée et comme la déterminerait l’homme prudent. Mais c’est une médiété entre deux vices, l’un par excès et l’autre par défaut ; et en ce que certains vices sont au-dessous, et d’autres au-dessus du "ce qu’il faut" dans le domaine des affections aussi bien que des actions, tandis que la vertu, elle, découvre et choisit la position moyenne. C’est pourquoi dans l’ordre de la substance et de la définition exprimant la quiddité, la vertu est une médiété, tandis que dans l’ordre de l’excellence et du parfait, c’est un sommet. Mais toute action n’admet pas la médiété, ni non plus toute affection, car pour certaines d’entre elles leur seule dénomination implique immédiatement la perversité, par exemple la malveillance, l’impudence, l’envie, et, dans le domaine des actions, l’adultère, le vol, l’homicide : ces affections et ces actions, et les autres de même genre, sont toutes, en effet, objets de blâme parce qu’elles sont perverses en elles-mêmes, et ce n’est pas seulement leur excès ou leur défaut que l’on condamne. Il n’est donc jamais possible de se tenir à leur sujet dans la voie droite, mais elles constituent toujours des fautes. On ne peut pas non plus, à l’égard de telles choses, dire que le bien ou le mal dépend des circonstances, du fait, par exemple, que l’adultère est commis avec la femme qu’il faut, à l’époque et de la manière qu’ils conviennent, mais le simple fait d’en commettre un, quel qu’il soit est une faute. Il est également absurde de supposer que commettre une action injuste ou lâche ou déréglée, comporte une médiété, un excès et un défaut, car il y aurait à ce compte-là une médiété d’excès et de défaut, un excès d’excès et un défaut de défaut. Mais de même que pour la modération et le courage il n’existe pas d’excès et de défaut du fait que le moyen est en un sens un extrême, ainsi pour les actions dont nous parlons il n’y a non plus ni médiété, ni excès, ni défaut, mais quelle que soit la façon dont on les accomplit, elles constituent des fautes : car, d’une manière générale, il n’existe ni médiété d’excès et de défaut, ni excès et défaut de médiété.
( Aristote - L’éthique à Nicomaque, II, 6 - traduction de Jules Tricot )

- [...] entre le souffle yang et le souffle yin, intervient le souffle du vide médian, qui les élève idéalement vers une transformation bienfaisante. C’est dans cet « entre-deux » que le vivant peut accéder à une présence authentique au monde.
( François CHENG - le livre du vide médian - Albin Michel )

- [...] Topoïde Δ Chronoïde ... selon Whitehead ?

- Le vide médian est cet écran dépoli où se révèlent les images que Camera et Obscura consentent à projeter ensemble lorsqu’elles renoncent l’une et l’autre à leurs passions extravagantes respectives. Des images ni trop éblouies, ni trop aveugles, dans l’ouverture joyeuse où se compose alors quelque apparence d’éphémères demiVérités, à la fois illusoires et inouïes, en cela transcendantes, mais en cela seulement.

- Le vide médian est ce plan de résiliAnce où se révèlent les catégories que Philo et Sophy consentent à indexer ensemble lorsqu’ils renoncent l’un et l’autre à leurs spéculations extravagantes respectives. Des catégories ni trop holistiques, ni trop réductionnistes, dans le classement joyeux où se composent alors quelques apparences d’éphémères demiVérités, à la fois illusoires et inouïes, en cela transcendantes, mais en cela seulement.