Blog-note de jef safi

p h i l o s o p h e r

avec . . Slavoj Žižek
il n’y a pas de Grand Autre . .

. . il n’y a que le collectif des croyants dans le collectif

mardi 24 mars 2009


CSOJ : SLAVOJ ZIZEK 25/02/08 2/2 par -clope

"[...] Le monde est de plus en plus global, on veut y imposer d’une manière de plus en plus violente le rêve multiculturel, du paradis universaliste, mais les cultures ne sont pas prêtes. ... Je ne peux pas comprendre tout le monde, je ne peux pas être amis de tous, tu es là, je suis ici, on se déteste, mais on va inventer des règles de conduite, on a besoin de nouvelles modalités de discrétion.

[...] Il y a quelque chose qu’on appelle capitalisme global, qui a un dynamisme incroyable, mais qui aussi engendre des antagonismes qui à long terme ne sont pas solubles dans le capitalisme lui-même. Je n’ai pas d’intolérance personnalisée contre tel ou tel, mais contre le problème. Le problème c’est le capitalisme global.

[...] Il y a tellement d’antagonismes générés par le capitalisme mondial existant, écologiques, les exclus, les pauvres, etc., qu’à un certain moment on sera obligés ou bien à inventer un nouveau mode d’existence social, ou bien ce qui nous attend - les traces sont déjà clairs, les signes nous viennent aujourd’hui - c’est une nouvelle société autoritaire, avec beaucoup de ségrégation, de nouvelles formes d’apartheid. S’est-on aperçu que plus on parle de globalisation, plus il y a des murs partout, qui divisent, entre Israël et la Palestine, entre les Etats-Unis et le Mexique, entre l’Europe et la non-Europe, etc. Je suis un révolutionnaire pessimiste, je vois le problème mais je n’ai pas de solution.

[...] D’habitude, quand on parle de violence, on définit la violence par rapport à un standard qui est l’état des choses défini comme non-violent. Ce qui m’intéresse, c’est précisément la violence invisible de cet état des choses, la violence qui se passe tout le temps, qui est nécessaire pour que les choses restent comme elles sont. Je crois qu’on ne peut pas sortir de tels situations sans actes violents. Je ne parle pas de violence directe physique, par exemple pour moi Gandhi c’est un personnage très violent, ..., je parle de violence au sens d’ "interrompre les choses" ..., je parle de violence au sens de libération ...

[...] Je suis totalement athée bien sûr. Mais ce qui m’intéresse dans le christianisme, ce n’est pas la religion comme telle, je crois que c’est vraiment une religion d’un athéisme radical. Jésus est mort sur la croix, mais quelle est la signification de cette mort ? C’est la mort de quoi ? Ce qui est mort sur la croix c’est Dieu lui-même. Le Dieu, le Grand Autre, qui garantit que tout ce qui se passe à une signification plus grande que nous. Le Christ qui meurt sur la croix c’est Dieu qui nous dit qu’il n’existe pas et qu’il faut continuer ensemble sans lui. Son esprit, c’est le communisme, c’est le collectif des croyants dans le collectif. Je prends l’évangile à la lettre : "si deux d’entre vous se rencontrent et qu’il y a l’amour, l’agapè, alors je suis là.". Le message véritable du christianisme ce n’est pas qu’ "on doit faire confiance à Dieu", c’est que "Dieu nous fait confiance." Il n’y a pas de Grand Autre, tout est à nous, rien n’est décidé à l’avance. [...]"