Blog-note de jef safi

s’ e n t r e - t e n i r

avec . . jef safi
Nourritures aphoristiques . .

"Quand on s’intéresse à un sujet, on le croise partout, inévitablement." ( Sophie Calle )

mardi 8 mars 2011

On vit un processus d’inversion des pénuries. On continue de compter ce qui ne compte plus (le coût du travail, la dette financière, etc.) et on ne compte pas ce qui se met à compter vraiment (le coût de l’énergie, la dette écologique, etc.).
( Jean-Marc Jancovici )

Vit chaque instant comme si c’était le premier.
( Épicure )

Un peuple ne sent sa force que quand il n’a plus rien à perdre.
( Frédéric Gros )

Le peuple n’est pas soumis bien qu’il soit le nombre, mais parce qu’il est le nombre.
( Simone Weil )

Ce n’est pas seulement par mon esprit, mais d’abord par mon corps, que je connais et habite le monde.
( Maurice Merleau-Ponty )

La philosophie est un questionnement d’enfant avec une voix d’adulte.
( Francis Wolff )

Nous sommes ce que nous voyons.
( Ansel Adams )

Selon la théorie de la société, celle-ci est un groupe d’êtres humains qui, comme dans la communauté, vivent et demeurent pacifiquement les uns à coté des autres, mais qui au lieu d’être essentiellement liés sont au contraire essentiellement séparés. Et alors que dans la communauté ils restent liés en dépit de tout ce qui les sépare, dans la société ils restent séparés en dépit de tout ce qui les lie.
( Ferdinand Tönnies - Gemeinschaft und Gesellschaft )

Pourquoi travailler l’inconfort, l’inquiétude ? Pour penser le réel, il faut commencer par y être mal à l’aise.
( Michaël Fœssel )

[...] dans cent ou deux cents ans le monde, étant sillonné de chemins de fer, de bateaux à vapeur, étant couvert d’usines, de fabriques, dégagera des billions de mètres cubes d’acide carbonique et d’oxyde de carbone, et comme les forêts auront été détruites, ces centaines de billions d’acide carbonique et d’oxyde de carbone pourront bien troubler un peu l’harmonie du monde.
( Eugène Huzar - L’Arbre de la science - 1857 )

La plaie de la paix, c’est la sécurité. (i.e. la vénalité, la cupidité, le marché . .)
( Shakespeare )

Se tromper de problème est une condition suffisante pour se tromper de solution. On se trompe alors deux fois et on ne résout rien, voire pire, on aggrave.
( Jean-Marc Jancovici - Shift Project )

On n’évalue pas une idéologie aux réponses qu’elle apporte mais aux questions qu’elle évacue.
( Günther Anders - L’obsolescence de l’homme )

Quand j’étais petit, je mentais tout le temps. Un jour, mon père réparait l’aquarium du chien, et il m’a demandé de vérifier si la pompe à air était bien débranchée. J’ai menti, j’ai dit oui. Il est mort d’hyper-oxygénation. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de ne plus jamais mentir.
( Pierre-Emmanuel Barré )

Elle seule, l’innocence originelle, objet souvent de notre mépris et de nos peurs les plus secrètes, elle seule unit l’humilité et la hardiesse qui nous font pénétrer au coeur des choses, et qui nous permettent de laisser les choses pénétrer en nous et de nous en imprégner. (...) Seule l’innocence franchit ces "cercles invisibles et impérieux", sans le savoir ni s’en soucier, lorsque nous sommes seuls à l’écoute des choses, intensément absorbé dans un jeu d’enfant . .
( Alexandre Grothendieck )

Une théorie sans faits n’est qu’une fantaisie, mais des faits sans théories ne sont que chaos.
( Charles Otis Whitman )

Au sens large du mot, toute prononciation "évènementielle" est . . "poétique" ; c’est-à-dire qu’elle extrait de la langue quelque chose que la langue n’avait pas déjà prononcé. Il y a une "poétique" de l’évènement au même titre qu’il y a une discursivité de l’être. Tout processus de vérité, toute pensée authentique, est une circulation entremêlée de la discursivité de l’être, à la limite de la mathématique, et de la poétique de l’évènement, à la limite le poème lui-même.
( Alain Badiou - Séminaire oct 2o16 - L’immanence des vérités )

La connaissance vraie du bien et du mal ne peut réprimer aucun affect en tant que cette connaissance est vraie, mais seulement en tant qu’elle est considérée comme un affect.
( Baruch Spinoza - Ethique IV, 14 )

La langue de l’Europe, c’est la traduction.
( Umberto Eco )

Un devenir n’est pas une correspondance de rapports. Mais ce n’est pas plus une ressemblance, une imitation, et, à la limite, une identification. (...) Devenir n’est pas progresser ni régresser suivant une série. (...) Le devenir ne produit pas autre chose que lui-même. C’est une fausse alternative de nous dire : ou bien on imite, ou bien on est. Ce qui est réel, c’est le devenir lui-même, le bloc de devenir, et non pas des termes supposés fixes dans lesquels passerait celui qui devient. (...) Le devenir est involutif, l’involution est créatrice.
( Gilles Deleuze - Mille plateaux, pp. 291-292 )

Le concept de populisme ne sert qu’à délégitimer ceux pour qui le peuple est « une cause à défendre », au profit de la légitimation de ceux pour qui le peuple est « un problème à résoudre ».
( Annie Collovald )

On ne peut pas être uni à d’autres, si on n’est pas d’abord libre de son consentement. Tout le monde peut comprendre ça. Et bien c’est vrai pour les nations aussi. Ce n’est pas du nationalisme, mais un nouvel indépendantisme.
( Jean-Luc Mélenchon )

Les enfants réclament, grandis ils revendiquent.
( Frédéric Lordon - Tolbiac o3 2o16 )

Un con qui vote aura toujours plus de poids que deux intellectuels qui s’abstiennent.
( Charline Vanhoenacker - France Inter )

En gardant à l’esprit qu’une civilisation est une reconquête de chaque jour sur le barbare. Le barbare qui, en chaque civilisé, ou qui se croit tel, ne dort que d’un oeil.
( Walter Benjamin - Angelus Novus )

Il (l’artiste) ne sait jamais si l’œuvre qu’il propose est produite par le changement du monde ou par le changement de sa subjectivité.
( Roland Barthes )

Les chiffres de la FAO sont indiscutables, la terre peut nourrir 12 milliards d’habitants. Un enfant qui meurt de faim aujourd’hui . . est assassiné.
( Jean Ziegler )

Pour moi, dès qu’on fait quelque chose, il s’agit d’en sortir. Il s’agit à la fois d’y rester et d’en sortir. […]
Moi, je veux sortir de la philosophie par la philosophie.

( Gilles Deleuze )

Le goût du vrai va disparaître au fur et à mesure qu’il garantira moins de plaisir.
( Friedrich Nietzsche - Humain trop humain )

La seule chose vraiment infinie est notre ignorance.
( Carlo Rovelli )

Toutes choses ont racines l’une dans l’autre et périssent l’une dans l’autre, selon la nécessité. Elles se rendent justice l’une à l’autre, et se récompensent pour l’injustice, conformément à l’ordre du temps.
( attribué à Anaximandre de Milet )

Le fou n’est pas l’homme qui a perdu la raison. Le fou est celui qui a tout perdu, excepté la raison.
( Gilbert Keith Chesterton )

Le déterminisme n’implique pas la prédictivité.
( Etienne Klein )

La raison pour laquelle notre ego, s’entend percevant et pensant, n’est rencontré nulle part dans notre représentation scientifique du monde peut être indiquée en quelques mots : parce qu’il est lui-même cette représentation du monde.
( Erwin Schrödinger, cité par Michel Bitbol )

On ne peut pas représenter la subjectivité comme une partie de notre représentation du monde pour la simple raison que cette subjectivité n’est rien d’autre que cette représentation elle-même.
( Mark Johnson, cité par Francisco Varela, cité par Michel Bitbol )

Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l’autre. C’est comme si j’avais des mots en guise de doigts, ou des doigts au bout des mots.
( Roland Barthes )

Tout se passe comme si l’espèce humaine avait choisi de mener une vie brève mais excitante, laissant aux espèces moins ambitieuses une existence longue mais monotone.
( Nicholas Georgescu-Roegen )

Je ne crois ni qu’on se protège du réel par des illusions, ni que le réel ait un sens.
C’est plus compliqué que cela et, même, ce n’est pas ça du tout.

( Clément Rosset - PHILOSOPHIE Magazine - Eté 2o15 )

Nous entendons la musique comme un discours nécessaire et universel, dont nous ne pouvons rien dire de nécessaire ni d’universel.
( Francis Wolff - Pourquoi la musique ? )

Il y aurait du courage à demander à chaque vérité de quelle autre vérité elle est elle-même l’illusion.
( Georges Picard - Variations sur le réel )

Le Tout, c’est l’Ouvert, c’est le temps réel . . la durée. "Durée" égale "Tout". La formule de Bergson devient limpide : le mouvement comme relation entre parties . . exprime un changement comme affection du Tout . . le mouvement est une coupe extensive de la durée.
( Gilles Deleuze - Université Paris 8e - 11/1981 )

Le catalogue des formes est infini : aussi longtemps que chaque forme n’aura pas trouvé sa ville, de nouvelles villes continueront de naître.
Là où les formes épuisent leurs variations et se défont, commence la fin des villes.

( Italo Calvino - Les villes invisibles )

L’objet ne revêt de valeur exceptionnelle que dans l’absence. (...) le délire commence là où la collection se referme et cesse d’être orientée sur l’absent.
( Jean Baudrillard - Le système des objets )

La ligne qui passe entre les choses n’est pas la ligne qui cerne les choses, mais la ligne qui les assemble et les sépare à la fois.
( Gilles Deleuze - Cours PARIS 8 )

Plus abstraite est la vérité que tu veux enseigner,
plus tu dois en sa faveur séduire les sens.

( Friedrich Nietzsche - Par-delà le Bien et le Mal )

Nous n’avons rien à perdre mais tout à égarer.
( Annie Le Brun - Ombre pour ombre )

En tant qu’il est un multiple, le Tout se présente lui-même comme un des éléments qui le constitue.
( Alain Badiou - Logiques des mondes - L’être et l’événement, 2 )

"It from bit" (...) Je crois que ma vie en physique se divise en trois périodes (...) J’ai d’abord cru que tout était fait de particules (...). Dans ma seconde période que tout était fait de champs (...) Dans cette troisième, mon impression est que tout est fait d’information.
( John Archibald Wheeler )

La philosophie est un combat contre l’ensorcellement de notre intelligence par le moyen de notre langage.
( Ludwig Wittgenstein - Investigations philosophiques )

L’argent est ce qui permet de ne pas regarder les hommes dans les yeux.
( Georg Simmel )

Inventer la fraternité anonyme, voilà exactement le rêve laïc.
( Bernard Maris )

En ce qui concerne le bien et le mal, ces termes n’indiquent rien de positif (...) dans les choses considérées en elles-mêmes, et le bien et le mal ne sont rien d’autre que des modes du penser ou des notions que nous formons parce que nous comparons les choses entre elles. Une seule et même chose peut être en même temps bonne et mauvaise, et aussi indifférente. Par exemple, ma musique est bonne pour le mélancolique, mauvaise pour le malheureux, mais pour le sourd, elle n’est ni bonne ni mauvaise.
( Baruch Spinoza - Ethique IV, préface, §3. )

L’instant de la décision est une folie.
( Søren Aabye Kierkegaard )

Sur cette Terre, il y a une chose effroyable, c’est que tout le monde a ses raisons.
( Jean Renoir - La règle du jeu )

Il n’y a finalement que deux grandes possibilités de contact avec la réalité matérielle : le contact brut, direct, [...] ; et le contact "en miroir", qui [...] remplace la présence des choses par leur mise en concepts. C’est cette seconde sorte de contact, [...] qui donne toute sa puissance opératoire à la physique. [...] En définitive, nos sens ne nous apprennent rien sur ce qui se trame en profondeur dans la matière, à l’abri de nos grossiers percepts.
( Etienne Klein - En cherchant Majorana, §4 - L’œil sur l’invisible )

Qu’est-ce que c’est que la politique ? C’est l’art de transformer un "tas" en "tout". Qu’est-ce que c’est que la domination de l’économie ? C’est l’art de transformer un "tout" en "tas", c’est-à-dire en une mosaïque de personnes ou d’entreprises rivales, concurrentielles, envieuses, etc. C’est pourquoi je suis inquiet. C’est un facteur de morcellement, de décomposition sociale.
( Régis Debray - Emission Ce soir (ou jamais !) du o7-11-2o14 )

Moi, je suis seul, tandis qu’eux, ils sont tous, me disais-je et je me mettais à réfléchir.
( Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski - Les Carnets du sous-sol )

Selon la relativité d’Einstein, il n’existe pas de méta-référentiel d’observation, il n’existe pas un de "point de vue" de nulle part. Tout ce que l’on voit on doit dire depuis quel référentiel, depuis quel "point de vue", on le voit. La théorie de la relativité est mal nommée, elle est la théorie de l’absolu, elle dit très exactement ce que sont les grandeurs absolues qui ne changent pas quand on change de référentiel, ce qui ne change pas selon le "point de vue". Ce qu’il faut retenir ce n’est pas que tout est relatif, mais que parmi ces grandeurs absolues qui ne changent pas selon le "point de vue", ne figurent ni l’espace ni le temps.
( Etienne Klein )

Celui qui contrôle le présent contrôle le passé. Celui qui contrôle le passé, contrôle le futur.
( George Orwell )

Ce qui doit être considéré comme le but essentiel de l’activité théorique du savant, c’est la simplification de la description, la réduction de l’arbitraire dans la description. Ce but, évidemment a des rapports évidents avec la causalité et le déterminisme.
( René Thom - Modèles mathématiques de la morphogenèse, 1974 )

Passer le temps c’est faire l’impasse sur le temps . . faire l’impasse.
( Clément Rosset - Là, on voit enfin que je suis un monstre )

Le regard ne s’empare pas des images, ce sont elles qui s’emparent du regard.
Elles inondent la conscience.

( Franz Kafka )

Nous ne percevons, pratiquement, que le passé,
le présent pur étant l’insaisissable progrès du passé rongeant l’avenir.

( Henri Bergson - Matière et Mémoire )

Nous brûlons du désir de trouver une assiette ferme [...] ; mais tout notre fondement craque, et la terre s’ouvre jusqu’aux abîmes.
( Pascal, Pensées )

- La suite, je l’ignore. Quand j’ai découvert le livre, les dernières pages étaient . . arrachées !!
- Arrachées ? Par qui ?
- Nous l’ignorons . . Peut-être ont-elles toujours été arrachées.
( Marc-Antoine Mathieu - L’Origine - Julius Corentin Acquefacques, prisonnier des rêves. )

La manière d’être de l’être, c’est le devenir.
( Vladimir Jankélévitch - Le je-ne-sais-quoi et le presque-rien )

Picasso, à la fin, il peignait en culotte courte.
Faut très longtemps pour devenir jeune.

( Benedictus Albertus Annegarn, alias Dick Annegarn )

Ailleurs c’est partout.
( Benedictus Albertus Annegarn, alias Dick Annegarn )

Les utopies rassurent, les hétérotopies inquiètent.
( Michel Foucault )

Un coup de dés jamais n’abolira le hasard
( Stéphane Mallarmé )

L’artiste n’est pas un inventeur de choses nouvelles,
mais une sorte de récupérateur du hasard, un bon utilisateur du fortuit.

( Clément Rosset - Matière d’art, l’organisation du désordre )

Même si la vie n’a pas de sens, qu’est-ce qui nous empêche de lui en inventer un ?
( Lewis Caroll, Alice au Pays des Merveilles )

Et que je prenne au mot de tes yeux la promesse.
( Michel de Montaigne - Quand tes yeux conquérants étonnés je regarde )

Si l’on sait exactement ce qu’on va faire, à quoi bon le faire ?
( Pablo Picasso )

La pulsion de singularité n’est pas le propre de l’homme mais une loi du vivant. [...]
Paraître est une fonction vitale.

( Adolf Portmann - La Forme animale )

Je change pour échanger avec l’autre, sans me perdre pourtant ni me dénaturer.
( Edouard Glissant - Philosophie de la relation )

Il n’y a pas d’œuvre d’art qui ne fasse pas appel à un peuple qui n’existe pas encore.
( Gilles Deleuze - Qu’est-ce que l’acte de création ? )

Ce qui rend les hommes esclaves de la peur, c’est que, témoins de mille faits accomplis dans le ciel et sur la terre, mais incapables d’en apercevoir les causes, ils les imputent à une puissance divine.
( Lucrèce, De la nature des choses )

Si ton œil était plus aigu tu verrais tout en mouvement.
( Friedrich Nietzsche )

Je n’aimerais pas vivre dans un monde où je devrais apprendre le bonheur de la bouche des économistes. Mais ils ont quelque chose à dire sur le bonheur . . aussi. Il y a bien un lien entre le bonheur et l’économie ; la misère ne rend pas les gens heureux.
( Amartya Sen )

Le mur de la tristesse fait un mètre, le mur de la joie en fait trois.
( Clément Rosset - Là, on voit enfin que je suis un monstre )

Si vous pensez que j’ai révélé des secrets, je vous fais mes excuses.
Si vous pensez que tout cela n’est qu’un tissu d’absurdités, prenez-y plaisir.

( Drukpa Kunley, dit le Fou Divin )

Un bien commun ? . . C’est parce qu’il est à personne qu’il est à tout le monde.
( Jean Claude Ameisen )

L’e-monde se divise en deux catégories :
ceux qui ont un code chargé et ceux qui cliquent. Toi, . . tu cliques.

( jef safi & . . Sergio Leone )

Je veux qu’on agisse et qu’on allonge les offices de la vie, tant qu’on peut :
je veux que la mort me trouve plantant mes choux
mais nonchalant d’elle, et encore plus de mon jardin imparfait.

( Montaigne - Essais Livre I, Chapitre 19 : Philosopher, c’est apprendre à mourir )

Si je veux me préparer un verre d’eau sucrée, j’ai beau faire, je dois attendre que le sucre fonde.
( Henri Bergson - L’évolution créatrice )

Philosophe est celui qui ne craint pas de rater son train.
( Pierre Cassou-Nogues - La mélodie du tic-tac . . )

Philosopher, ce n’est pas penser par soi-même, c’est penser par les autres.
( Etienne Klein - Cours introductif de Philosophie des Sciences, Centrale Paris )

Je sais, je viens je ne sais d’où, je suis je ne sais qui, je meurs je ne sais quand, je vais je ne sais où, je m’étonne d’être aussi joyeux.
( adage médiéval attribué à maître Martinus von Biberach )

L’homme sait souvent ce qu’il fait, mais ne sait jamais ce que fait ce qu’il fait.
( Paul Valéry )

Pour ce qui est de l’avenir, il n’est jamais que du présent à mettre en ordre, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible.
( Antoine de Saint-Exupéry )

Qui laisse une trace laisse une plaie.
( Henri Michaud )

Grâce à la liberté des communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.
( Friedrich Nietzsche - Fragments posthumes, XIII-883 - La Volonté de puissance, IV, 76 )

Quand le temps s’arrête, il devient lieu.
( Chawki Abdelamir )

Ce qu’il y a de plus profond en l’homme, c’est la peau.
( Paul Valery - L’idée fixe ou Deux Hommes à la mer )

Le sage découvre le monde sans franchir sa porte.
Il voit sans regarder, accomplit sans agir.

( Lǎo zǐ )

Le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire.
( Friedrich Nietzsche )

Là où croît le danger, croît aussi ce qui sauve.
( Friedrich Hölderlin )

Le temps, c’est ce qui passe quand rien ne se passe.
( Jean Gionot )

Le texte dont on tombe amoureux est celui dans lequel on ne cesse d’apprendre ce qu’on savait déjà.
( Vincent Descombes )

"Es absurdo pensar que puedes mirar el sendero sin que él te vea primero."
"It’s absurd to think that you can look at the path without the path saw you first."
"C’est absurde de croire que tu peux voir le chemin sans qu’il ne t’ait vu le premier."

( Ferran Passeig )
( rapporté de sa 2nd conversation par Àlex alias !Esco & Güilmon ! )

Combien de gens accroissent votre solitude en venant l’interrompre !
( Sacha Guitry )

Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde.
( Albert Camus )

Le contraire d’une vérité n’est pas l’erreur mais une vérité contraire.
( Pascal )

Le contraire d’une vérité triviale est une erreur stupide,
mais le contraire d’une vérité profonde est toujours une vérité profonde.

( Niels Bohr, reprenant Pascal )

Est esclave, celui qui est incapable de se gouverner par lui-même.
( Aristote )

Les désirs de consommation se communiquent par imitation beaucoup plus vite en général et plus aisément que les désirs de production qui leur correspondent.
( Gabriel Tarde, Imitation - chap V, p. 1o4 )

L’art est un mensonge qui permet de dévoiler la vérité.
( Pablo Picasso )

La connaissance est moins le savoir qui s’accumule, que l’expérience qui se décante.
( Edgar Morin )

Il est plus facile de percevoir les cris que d’identifier les blessures.
( Marc Ribot )

La tâche de la peinture est définie comme la tentative de rendre visible des forces qui ne le sont pas.
( Gilles Deleuze )

Le véritable objet de la science, c’est de créer des fonctions, le véritable objet de l’art, c’est de créer des agrégats sensibles et l’objet de la philosophie, créer des concepts.
( Gilles Deleuze & Felix Guattari )

Chaque livre est aussi la somme des malentendus dont il est l’occasion.
( Georges Bataille - Somme athéologique )

Dieu est pire ou plus loin que le mal. C’est l’innocence du mal.
( Georges Bataille - Somme athéologique )

Comprendre, c’est illuminer l’errance, pour éliminer l’erreur.
( Edgar Morin - Le paradigme perdu )

Parler, et à plus forte raison discourir, ce n’est pas communiquer... c’est assujettir.
( Roland Barthes - Discours au collège de France )

Communiquer, c’est le risque de la rencontre, c’est accepter la cohabitation avec l’autre, le pari de l’échange, l’épreuve de l’incommunication. Pour éviter que le village global ne devienne une immense tour de Babel, il faut apprendre à cohabiter.
( Dominique Wolton )

Il n’y a rien de sérieux en rien, et rien qui ne le soit pas en tout.
( Boris Vian )

Pourquoi promet-on ? Pour se lier soi-même, pour se lier et lier l’autre alors qu’il est possible que tout cela tourne mal.
( Jacques Derrida )

L’accomplissement de chacun n’est point en soi, mais en avant de soi.
( François Cheng )

Ce qui n’est pas fixé n’est rien. Ce qui est fixé est mort.
( Paul Valéry - Tel quel )

L’homme est absurde par ce qu’il cherche, grand par ce qu’il trouve.
( Paul Valéry - Moralités )

La mémoire est l’avenir du passé.
( Paul Valéry - Cahiers I )

Que serions-nous sans le secours de ce qui n’existe pas ?
( Paul Valéry - Petite lettre sur les mythes )

Le "si" est un instrument essentiel de l’action mentale.
( Paul Valéry - Cahiers I )

C’est la vie et non pas la mort qui sépare l’âme du corps.
( Paul Valéry - Moralités )

Deux dangers ne cessent de menacer le monde ; l’ordre et le désordre.
( Paul Valéry )

La liberté, c’est très difficile. Parce qu’il est très facile de se laisser aller. L’homme est un animal paresseux. Il y a une phrase merveilleuse de Thucydide : « Il faut choisir : se reposer ou être libre. » Vous ne pouvez pas vous asseoir devant la télé. Vous croyez être libres en zappant comme un imbécile, c’est une fausse liberté. La liberté, c’est l’activité, c’est une activité qui en même temps s’autolimite, c’est-à-dire qui sait qu’elle peut tout faire mais qu’elle ne doit pas tout faire.
( Cornélius Castoriadis - La montée de l’insignifiance )

Il y a donc une logique de l’imagination qui n’est pas la logique de la raison, qui s’y oppose même parfois, . .
( Henri Bergson, Le Rire )

L’erreur, comme le rire, est le propre de l’homme. Mais infiniment plus créatrice.
( Roland Topor )

My greatest challenge has been to change the mindset of people. Mindsets play strange tricks on us. We see things the way our minds have instructed our eyes to see.
Mon plus grand défi a été de changer les états d’esprit. Les états d’esprit nous jouent des tours étranges. Nous voyons les choses à la manière dont notre esprit a éduqué nos yeux.

( Muhammad Yunus )

Le monde est profond
Et plus que le jour ne l’imagine.

( Friedrich Nietzsche, Also sprach Zarathustra, Le chant de Minuit )

L’accès au visage est d’emblée, .. éthique.
La meilleure manière de rencontrer autrui, c’est de ne pas même remarquer la couleur de ses yeux.

( Emmanuel Levinas )

Le désir est comme une pensée qui pense plus qu’elle ne pense, ou plus que ce qu’elle pense.
( Emmanuel Levinas )

A vrai dire il n’y a jamais d’immobilité véritable, si nous entendons par là une absence de mouvement.
Le mouvement est la réalité même.

( Henri Bergson - La perception du changement, La Pensée et le Mouvant )

La vérité est comme le soleil. Elle fait tout voir et ne se laisse pas regarder.
( Victor Hugo )

Notre ennemi ça n’est pas l’industrie,
mais la bêtise de l’industrie.

( Bernard Stiegler )

On ne peut aimer toute sa vie que quelqu’un qu’on ne connait pas.
( Boris Vian )

Notre tête est ronde pour permettre à la pensée de changer de direction.
( Francis Picabia )

Le hasard gouverne un peu plus de la moitié de nos actions,
et nous dirigeons le reste.

( Niccolo Macchiavelli )

Il n’y a que l’étrange qui soit familier,
et seulement la différence qui se répète.

( Gilles Deleuze )

. .
je me souviens d’une horloge coupant des têtes pour indiquer les heures
. .

( Tristan Tzara )

Le temps est le moyen qu’a trouvé la nature pour que tout ne se passe pas d’un seul coup.
( Etienne Klein , repris de John Archibald Wheeler )
Aphorisme cité par J.A. Wheeler à la page 10 de son ouvrage "Complexity, Entropy, and the Physics of Information" avec une note de bas de page pour révéler sa source "graffiti in the men’s room of the Pecan Street Cafe, Austin, Texas"

Je crois que ma vie en physique se divise en trois périodes (...) J’ai d’abord cru que tout était fait de particules (...). Dans ma seconde période que tout était fait de champs (...) Dans cette troisième, mon impression est que tout est fait d’information.
( John Archibald Wheeler )

Le signe est une fracture qui ne s’ouvre jamais que sur le visage d’un autre signe.
( Roland Barthes - L’empire des signes )

. . le changement véritable,
ce n’est pas de dire quelque chose de nouveau,
c’est de se répéter en introduisant de petites variations cruciales.

( Slavoj Žižek )

L’homme est ce qu’il mange.
( Ludwig Andreas Feuerbach )

La musique est bonne pour le mélancolique, mauvaise pour l’affligé,
et pour le sourd, elle n’est ni bonne ni mauvaise.

( Baruch Spinoza - Ethique IV, préface )

Dans quelque domaine que ce soit, la perfection est enfin atteinte non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter mais lorsqu’il n’y a plus rien à enlever.
( Antoine de Saint-Exupéry )

Il n’y a qu’une méthode pour inventer, qui est d’imiter.
( Alain )

La loi cachée de la terre conserve celle-ci dans la modération qui se contente de la naissance et de la mort de toutes choses dans le cercle assigné du possible.
( Martin Heidegger )

Le présent c’est du temps qui se cristallise en espace, qui ne projette plus le divin dans l’au-delà, mais au contraire l’insère dans le terrestre. ... Du plaisir d’être à partir de l’être des choses.
( Michel Maffesoli - Matrimonium )

En tout homme résident deux êtres : l’un éveillé dans les ténèbres, l’autre assoupi dans la lumière.
( Khalil Gibran )

On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter.
( Emmanuel Kant )

Partout l’apparence domine . .
Les hommes sont semblables aux feuilles des arbres . .
Il faut se dépouiller de l’homme . .

( Pyrrhon d’Elis )

Il est advenu aux gens véritablement savants ce qui advient aux épis de blé ; ils vont s’élevant et se haussant, la tête droite et fière, tant qu’ils sont vides ; mais, quand ils sont pleins et grossis de grains en leur maturité, ils commencent à s’humilier et à baisser les cornes.
( Montaigne - Livre II, XII.)

C’est l’oubli qu’il convient d’expliquer, bien davantage que la conservation du souvenir.
( Elie During - Faux raccords, la coexistence des images )

La philosophie invite à l’espérance, c’est-à-dire à se tenir dans une certaine disposition d’ouverture face à ce qui peut advenir.
( Jean-Luc Nancy - Philosophie Magazine n°7 )

Ceux qui rendent les révolutions pacifiques impossibles rendent les révolutions violentes inévitables.
( John Kennedy )

Maîtriser le chaos que l’on est, contraindre son chaos à devenir forme ; devenir nécessité dans la forme - devenir logique, simple, non équivoque, mathématique, devenir loi : c’est là la grande ambition.
( Friedrich Nietzsche )

Hors l’Eveil, il n’est aucune Réalité, et si l’Eveil avait une quelconque réalité, ce ne serait pas l’Eveil.
( Houang-po )

"L’essence même du réel, c’est de ne pas avoir de double. Il est dans la nature du réel d’être absolument singulier. Toutes les représentations que nous nous faisons du réel, ne sont que des rêves, des ombres, des fantômes, des déformations. [...] Ce que nous prenons pour une vision perverse de la réalité est le réel même."
( Clément Rosset, Le réel et son double - 1976 )

[...] Verse-nous ton poison pour qu’il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?
Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau !

( Charles Baudelaire - Les Fleurs du mal, Le voyage )

Quand on s’intéresse à un sujet, on le croise partout, inévitablement.
( Sophie Calle )

Les connaissances que nous avons ne sont jamais autre chose que des connaissances relatives à un horizon de connaissance, les réalités les plus intimes que l’on connaisse ne sont jamais autre chose que des horizons de réalités.
( Ferdinand Gonseth )

Dans le ciel,
les étoiles filantes,
ne reviennent jamais.

( Michiko Kaï )

. . ceux qui optent pour le moindre mal tendent très vite à oublier qu’ils ont choisi le mal.
( Hannah Arendt )

Entre la poésie et les mathématiques, il y a des intermédiaires pour faire science.
( Frédéric Lordon - Capitalisme, désir et servitude )

Si l’enfant n’étudie pas, c’est le crime du père.
( père de Liao Yiwu, selon Liao Yiwu )

Réaliser un projet c’est le moins important du processus.
Le plus important c’est d’y réfléchir et d’y travailler.

( Patrice Chéreau )

On a deux vies. La deuxième commence le jour où on comprend vraiment qu’on en a qu’une.
( Confucius )

La réalité d’un objet ne se maintient qu’à travers ses métamorphoses.
( Joë Bousquet )

J’ai fait don aux hommes de l’attente, qui est merveilleuse et terrifiante.
( propos de Prométhée, par Eschyle )

C’est tellement bon, que c’est raisonnable !
( Michèle Keltz - 17 o8 2o13 )

Plus d’un, comme moi sans doute, écrivent pour n’avoir plus de visage.
Ne me demandez pas qui je suis et ne me dites pas de rester le même.

( Michel Foucault - Archéologie du savoir )

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et bien d’autres encore :
. Graines de changement, citations inspirantes.