Blog-note de jef safi

s’ e n t r e - t e n i r

avec . . Etienne Klein
De l’efficacité des mathématiques en physique

Les Grands Séminaires de l’Observatoire Midi-Pyrénées - Conférence du 8 juin 2o15

vendredi 24 juillet 2015

. ./. .

Le livre de la nature est écrit en langage mathématique (E.Klein : c’est le postulat de Galilée). La philosophie est écrite dans ce vaste livre qui constamment se tient ouvert devant nos yeux (je veux dire l’univers), et on ne peut le comprendre si d’abord on n’apprend pas à connaître la langue et les caractères dans lequel il est écrit. Or il est écrit en langue mathématique et ces caractères sont les triangles, les cercles et autres figures géométriques sans lesquels il est humainement (E.Klein : le mot est important, on va y revenir) impossible d’en comprendre un seul mot, sans lesquels on erre vraiment dans un labyrinthe obscur. ( Galilée - L’essayeur, 1623 )

. ./. .

N’importe quel chapitre de la physique peut servir d’exemple à ce propos, avec quand même une ambiguité sur laquelle beaucoup de philosophes ont travaillé. C’est l’adverbe humainement . Il y a deux façons de comprendre cette idée qui ne sont pas du tout équivalentes du point de vue épistémologique, et qui ne sont pas non plus équivalente du point de vue du sens qu’on va donner à ce qu’est une mesure, ou une expérience, etc. :

  • 1ère interprétation. Ce langage, mathématique disons, est pensé comme étant celui de la nature même. C’est la nature qui possède ce langage et le physicien qui étudie la nature, c’est son rôle, devra évidemment apprendre à pratiquer ce langage pour comprendre celle qui parle ce langage, à savoir la nature.
  • 2ème interprétation. Ce langage est pensé comme un langage de l’homme. C’est l’homme qui fait des mathématiques. Et c’est donc nécessairement dans ce langage là que devrons être préalablement traduits les faits naturels pour nous devenir intelligibles. Dans ce deuxième cas on voit qu’il va y avoir un forçage de la nature à parler ce langage qui est le nôtre et pas le sien.

. ./. .

Un écrivain français disait (il semble que ce soit Roger Nimier, et qu’il l’ait dit aussi à propos de la Russie) : "La philosophie c’est comme la Pologne, c’est plat, c’est plein de marécages et c’est souvent envahi par les allemands."