Blog-note de jef safi

i d i o s y n c r a s i r

avec . . Thierry Ehrmann
La Demeure du Chaos

Un combat pour la liberté d’expression
The Abode of Chaos, A fight for freedom of expression.

lundi 27 mai 2013

La Demeure du Chaos - Un combat pour la liberté d’expression
from La Demeure du Chaos / Film d’Etienne Perrone on Vimeo.

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La Demeure du Chaos, c’est un avoir-lieu de l’art auquel on reproche d’avoir eu lieu là où il a eu lieu. Même si ça dérange énormément de monde, d’habitudes et de mentalités, pourquoi il était esthétiquement pertinent ? C’est le lieu, là où ça a eu lieu, justement pour perturber les anciennes conceptions du lieu que l’on pouvait avoir. La Demeure du Chaos prend simplement acte du réel. Et . . alors elle paraît être en avance, pour un certain nombre de gens, et . . en fait c’est simplement parce que eux sont en retard. Eux sont en retard. Et donc ce n’est pas qu’elle annonce l’avenir, c’est qu’elle voit le présent. Elle voit simplement le présent et elle le manifeste. C’est très perturbant ça. C’est extrêmement perturbant, c’est d’autant plus perturbant que ce n’est pas une fiction, que ce n’est pas la mégalomanie d’un homme, d’une équipe, c’est la réalité d’aujourd’hui. ( Eric Combet )

Les résistances à l’existence de La Demeure du Chaos sont des résistances au désordre. En revanche, du coté des gens qui soutiennent, on assiste à quelque chose qui se traduit par une prise de position sur le principe de la liberté d’expression, sur le principe de la création donc sur un principe majeur, sur un principe fondamental de la liberté finalement, qui amène chacun à s’interroger sur les limites, les conditions de notre liberté. Et ce combat pour des valeurs, peut-être, prend d’autant plus de place aujourd’hui, autour de La Demeure du Chaos, que certaines valeurs semblent menacées. Par exemple la liberté d’expression. Par exemple la possibilité de critiquer les autorités et les pouvoirs. Il y a une volonté de lutter pour des valeurs qui sont au contraire liées à la création, liées à l’expérience, liées à la reconnaissance des différences et de la pluralité, contre un monde qui paraît un monde d’autoritarisme. Je défend la possibilité d’explorer les choses, même si c’est légèrement en décalage avec le droit. Il me semble que toute société évolue en dépassant à certains moments de son histoire les usages admis. ( Philippe Liotard )

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L’artiste n’est pas un inventeur de choses nouvelles, mais une sorte de récupérateur du hasard, un bon utilisateur du fortuit.
( Clément Rosset - Matière d’art, l’organisation du désordre )

Maîtriser le chaos que l’on est, contraindre son chaos à devenir forme ; devenir nécessité dans la forme - devenir logique, simple, non équivoque, mathématique, devenir loi : c’est là la grande ambition.
( Friedrich Nietzsche )

L’essence même du réel, c’est de ne pas avoir de double. Il est dans la nature du réel d’être absolument singulier. Toutes les représentations que nous nous faisons du réel, ne sont que des rêves, des ombres, des fantômes, des déformations. [...] Ce que nous prenons pour une vision perverse de la réalité est le réel même.
( Clément Rosset, Le réel et son double - 1976 )

[...] il n’y a rien d’inculte, de sterile, de mort dans l’univers, point de Chaos, point de confusions qu’en apparence ; à peu pres comme il en paroîtroit dans un étang à une distance, dans laquelle on verroit un mouvement confus et grouillement pour ainsi dire de poissons de l’étang, sans discerner les poissons mêmes.
( Gottfried Wilheim Leibniz - Monadologie - 69 )

Il n’y a que l’étrange qui soit familier, et seulement la différence qui se répète.
( Gilles Deleuze )

La reproductibilité de la machine n’est pas une pure répétition programmée. Ses scansions de rupture et d’indifférenciation, qui détachent un modèle de tout support, introduisent leur lot de différences tant ontogénétiques que phylogénétiques. C’est lors de ces phases de passage à l’état de diagramme, de machine abstraite désincarnée, que les suppléments d’âme du noyau machinique se voient conférer leurs différences par rapport à de simples agglomérats matériels. [...] Tu parles ou tu manges. Pas les deux à la fois. [...] Mais l’oralité, justement, est au carrefour. Elle parle la bouche pleine. Elle est pleine de dedans et pleine de dehors. D’un même tenant, elle est complexité en involution chaotique et simplicité en voie de complexification infinie. Danse du chaos et de la complexité.
( Félix Guattari - Chaosmose )

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