Blog-note de jef safi

i d i o s y n c r a s i r

avec . . Miles Davis & Robben Ford
New Blues & Maze

Miles Davis - Montreux 1986
Publication YouTube de thehindsightTV

vendredi 1er novembre 2013



Miles Davis, trumpet, keyboards ;
Bob Berg, sax ;
Adam Holzman, keyboards ;
Robert Irving III, keyboards ;
Robben Ford, guitar ;
Felton Crews, bass ;
Vincent Wilburn Jr., drums ;
Steve Thornton, percussions.

La session réunissait aussi
George Duke, synthesizer sur "Tutu" & "Splatch" ;
et David Sanborn, sax sur "Burn", "Portia" & "Jean-Pierre"

En 1986, Robben Ford tourne avec Miles Davis. La pièce mise en ligne par thehindsightTV est enregistrée à Montreux. On y entend qu’il n’est pas si simple d’accorder blues et jazz, même autour du génial Davis, et même dans une grille harmonique blues standard.

A 2"50 la transition Davis-Ford est parfaite, la respiration lancée par Davis (style Tutu) est reprise dans le même souffle par Ford. Pas facile pourtant, même armé d’une strat bien tunée pour conserver de la brillance derrière la trompette que Davis n’a pas bouchée.

Ford déroule alors ses phrasés exemplaires et élève le morceau en tendant le jeu jusqu’à l’apnée, comme un bon Chicago blues qui déchire. Dommage, le tempo et le groove lui font quitter la ligne davisienne et il s’engouffre dans le standard, il y monte en puissance avec virtuosité et quelques trop rares idiosyncrasies fordiennes (Ce guitariste a une touche originale et magique. On croit connaître la note bleue, mais avec lui se révèlent de nouveaux bleus).

Malheureusement, il perd la respiration de Davis, il s’enferme dans l’idiome standard, tout près des clichés. A 5"50 la punition tombe, l’enchaînement écrit d’avance le frustre du chorus libérateur que l’idiome avait pourtant bandé à fond. La frustration est d’autant plus grande que l’enchaînement est écrit pour passer en quelques mesures sur un tempo plus élevé qui permet à Davis de ré-entrer dans le jeu. Les syncopes et les rythmiques davisiennes reprennent leur puissant pouvoir et rejettent Ford dans son rôle de sideman.

En résumé, les virtuosités respectives de Davis et Ford emballent la construction dans un spectacle magnifique. Le sax de Bob Berg embrase le final. Mais . . mais . . c’était un patchwork . . la fusion blues-jazz n’a pas eu lieu.