Blog-note de jef safi

s’ e n t r e - t e n i r

avec . . Axel Khan
Entre liberté et déterminisme . . le hasard

Les rendez-vous du futur - Emission du 28 février 2o12

dimanche 6 octobre 2013

source : Les rendez-vous du futur

. ./. .

Pierre de la Coste : Vous réfutez le déterminisme absolu qui était celui des scientifiques notamment du XIXe siècle, vous dites que dans un acte libre il y a des déterminants, qu’il n’y a pas de déterminisme biologique ou génétique, qu’il y a des déterminants et qu’il y a du hasard qui joue un très grand rôle. Et puis après il y a l’acte libre qui est "une illusion fondatrice de la liberté et de la responsabilité". Evidemment ça peut paraître extrêmement paradoxal et choquant. Alors je vais vous poser la question de ce que j’appelle le paradoxe d’Axel Khan. Vous savez, vous avez écrit que la liberté est une illusion. Nous nous approprions un acte fait de déterminants et de hasard, et nous considérons que nous sommes libres, mais vous dites bien que c’est une illusion. Vous, vous le savez, puisque vous l’avez écrit et pensé. Ensuite, quand vous êtes dans votre métier de généticien, ou même dans votre métier d’homme politique, .. ou en tout cas de citoyen croyant à la démocratie, donc à la liberté, comment pouvez-vous, sachant que votre liberté n’est qu’une illusion, continuer, vous Axel Khan, je ne parle pas de tous les hommes en général, vous considérer comme libre et faire de choix démocratiques et faire des choix d’éthique qui sont importants dans le métier de généticien ?

Axel Khan : Alors en réalité, ma position n’est pas exactement celle-là. C’est Nietzsche et d’autres, les fatalistes, qui disaient que la liberté n’est que l’illusion de créer par la méconnaissance de ce qui nous détermine. Je ne dis pas cela. Je vais prendre un exemple ... 7’17

Telle est, pour la t’CG, la définition de la liberté, au point même de proscrire le mot liberté, trop entaché de toutes ses connotations cartésiennes entre autres, et surtout parce qu’inutile, pour le remplacer par le mot de créativité.

En effet, tous les actes des monades agissantes, et en particulier des phénomes, sont entièrement déterminés. Mais sans renier le principe de raison suffisante, au contraire même, la t’CG ajoute que parmi ces déterminants siège le hasard. Hasard qui n’a pas de puissance en soi mais que la t’CG considère comme l’héritage par la monade de s part de la stochasticité de l’entropie.

Or la monade se caractérise par sa puissance à faire mémoire et à co-créer l’univers dans lequel elle émerge. Cette co-créativité est sa capacité à user du hasard apporté par l’entropie. Cette co-créativité n’est pas la liberté au sens du libre arbitre, mais sa capacité à faire bifurquer l’univers au hasard et à s’approprier complètement la responsabilité de ces choix hasardeux au point de les appeler choix libres, c’est-à-dire en propre.

Elle n’a alors que le tort de les penser comme en-propre, en ceci qu’elle oublie seulement qu’ils ne sont que sa part de la création de l’univers que celui-ci lui délègue.

La monade n’est pas "dans" l’univers, elle "est" l’univers "pour sa part", infime part, mais toute sa part à elle, et qu’elle s’approprie. Elle n’est donc pas dotée de liberté, mais d’une part de la créativité du monde, de l’univers, là où celui-ci émerge livré à l’immanence entropique.

« Il faut choisir : se reposer ou être libre » dit Thucydide. J’enfonce ce clou plus profondément encore, « Il faut choisir, se reposer ou être créatif », pour énoncer une parallaxe perspectiviste radicale : on n’a pas la Liberté d’arbitrer de plein gré entre toutes nos subordinations, mais on dispose de cette marge de Créativité qu’entrouvre l’inépuisable croissance de l’Entropie à notre infime puissance d’agir, et ce n’est pas une moindre responsabilité que d’apprendre à la transcender, bien au contraire. (jef safi - edito 2o16)