Blog-note de jef safi

s’ e n t r e - t e n i r

avec . . Christian Tissier
An aïkido odyssey . .

Interviewed by Stanley Pranin at Aïki Expo 2oo5 May 27..29 - Los Angeles, California

dimanche 29 mai 2005

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17"55 la vérification des principes à travers les techniques de base

Christian Tissier : C’est une question difficile. . . J’ai plus d’enthousiasme maintenant, à continuer l’aïkido, que je n’en avais il y a dix ans. Il y a dix ans, ça m’arrivait souvent, je faisais mon aïkido du mieux que je pouvais mais j’avais l’impression d’être arrivé à un .. mur, à une porte. Maintenant j’ai beaucoup d’enthousiasme parce que j’arrive à mettre en concordance . ., j’arrive à vérifier les principes de l’aïkido à travers les bases ; quelque chose que je n’avais pas compris avant. C’est-à-dire que auparavant, j’avais l’impression qu’il y avait les bases qu’il fallait apprendre, et puis ensuite les techniques qui faisaient suite aux bases, et puis les applications, etc. Plus ça va, plus maintenant j’essaie de trouver la logique des techniques de base, mais pas de façon figée. C’est-à-dire comment une technique de base peut nous entraîner dans une forme d’aïkido ou dans une autre forme d’aïkido, si elle est comprise ou pas bien comprise, par rapport à la notion d’attitude, de distance, etc. Dans une technique de base, si on la comprend bien - il y a bien le premier jour où on la fait, on n’a qu’un seul principe qui va être peut-être le principe de distance ou le principe d’attitude ou le principe de .. de technique - . . on va apporter d’autres principes : la distance, l’attitude, la technique, l’économie, le respect de l’intégrité, etc. Et plus on va mettre de principes naturels, pas de qualités, de principes naturels dans une technique, plus cette technique va tendre vers la perfection, plus elle est vérifiable, c’est-à-dire que même dans la base on pourra vérifier, par certains moyens, si on est sur le centre du partenaire ou si on est sur la périphérie. Et je m’aperçois que maintenant, le gros intérêt que j’ai, c’est avec cette vérification au niveau des techniques de base par rapport à ce qu’on va faire par la suite, et ensuite, les applications. C’est-à-dire comment est-ce qu’une technique, telle que ikkyo par exemple, peut fonctionner mais vraiment, c’est-à-dire martialement parlant. C’est-à-dire sur un Jodan Tsuki, sur une frappe, est-ce qu’on a besoin de partir sur l’extérieure, d’appuyer sur le coude, est-ce que le moindre contact permet de prendre le point de ikkyo c’est-à-dire le déséquilibre immédiatement. Ça c’est quelque chose qui m’intéresse et que je développe de plus en plus. Je m’aperçois qu’une technique de base qui ne permet pas de faire une application est une technique de base qui n’a pas été comprise.

20"36 l’acquisition de la liberté par une pratique sévère

Christian Tissier : Il n’y a pas de technique supérieure. Je ne sais pas si je suis bien clair. Ce sont des choses que j’aime illustrer de plus en plus dans mon enseignement et qui me rapproche de plus en plus de l’image que j’ai de Yamaguchi Sensei. Parce que je pense que la rigueur qu’il avait, contrairement à ce qu’on pensait, les gens qui le voyaient pour la première fois disaient "je comprend rien" ou "c’est pas clair" ou ’il fait n’importe quoi" ou "c’est trop facile" ou "c’est trop difficile", il avait beaucoup de rigueur, il n’aimait pas qu’on l’imite, il avait beaucoup de rigueur dans sa technique, mais cette rigueur lui donnait beaucoup de liberté. Je pense que sans rigueur on acquière pas la liberté. Mais, quand on va étudier la rigueur dans la technique de base, on peut facilement se tromper. D’où dépend de l’explication et de la compréhension de la technique de base. Il y a des gens qui vont construire une technique de base, mais toujours une technique de refus. C’est-à-dire les façons de poser les mains, les façons de . . de devenir très fort mais toujours en situation de refus. Pas en situation de Déai. Et donc ils sont très forts, mais ils sont comme dans un tank. Personne ne peut entrer dans leur tank, mais eux ne peuvent pas sortir non plus. Ça ce n’est pas l’aïkido que j’ai envie de révéler. Pour moi l’aïkido c’est un art de communication, de communication martiale, c’est ça qui est intéressant parce que la communication elle existe dans la mesure où si on fait une erreur il y a une sanction. Bien sûr sur le tapis cette sanction elle n’existe pas vraiment, on sait qu’elle pourrait exister, et on peut recommencer à nouveau puisque c’est le but du keiko. Mais il y a quand même cette communication martiale, une communication directe, etc. S’il n’y a pas cette communication, je ne pense pas qu’on puisse aller dans le monde avec une certaine liberté.

22"24 la recherche de l’idée de perfection par le mouvement

Christian Tissier : Alors, c’est intéressant parce que, moi quand j’ai commencé l’aïkido, l’aïkido qu’on pratiquait c’était très physique mais c’était un aïkido spirituel, avec Nakazono c’était très spirituel. Ensuite, quand je suis allé au japon, la formation que j’ai eu, c’était pas du tout spirituel, c’était très physique. Heureusement. Parce que, il y a des moments pour être spirituel et il y a des moments pour être physique, et dans la vie d’un jeune garçon, c’est important aussi d’avoir une activité physique, et ça correspondait à mon tempérament, mon caractère. C’est vrai que les cours que j’ai reçu à l’aïkido - moi je n’ai pas connu O Sensei, quand je suis arrivé il venait de mourir - le Dōshu ne parlait pas de spiritualité, Yamaguchi Sensei non plus, personne. . . /. . 23"11