Blog-note de jef safi

p h i l o s o p h e r

avec . . Boris Cyrulnik et Michel Onfray
Défense et critique de la psychanalyse

Débat enregistré à Ollioules en 2o11

vendredi 5 juillet 2013

"Après la controverse, largement médiatisée, entre les psychanalystes et Michel Onfray pour sa critique de Freud dans la Contre-Histoire de la Philosophie, un échange constructif et éclairé peut enfin prendre place : Boris Cyrulnik, psychanalyste, éthologue et psychiatre, ouvre ainsi le premier véritable débat sur la psychanalyse avec Michel Onfray.

Freud et son héritage sont si présents dans notre société contemporaine que l’inconscient, le complexe d’Oedipe ou l’acte manqué sont des concepts utilisés dans la vie courante et finalement peu remis en cause.

Cette rencontre de deux penseurs aux vues divergentes laisse place au libre examen de la psychanalyse, dans sa pratique actuelle comme dans ses fondements, pour nous offrir une réflexion passionnante, claire et pénétrante, qui sort du temps de la médiatisation pour se développer librement et intelligiblement dans le temps de la réflexion."

L’entretien a été enregistré en public dans des conditions acoustiques très inférieures à celle d’un studio d’enregistrement et aux normes standard de Frémeaux & Associés – et ce malgré une restauration en studio. Toutefois, la pertinence des propos sur un sujet si controversé et la qualité de l’échange nous ont convaincus de mettre ce document à la disposition du public.

( Lola Caul-Futy Frémeaux, direction artistique / Label : Fremeaux & Associés )

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1h31
MO : . . je pense que la psychanalyse c’est un peu la même chose. Il y a une causalité magique, et on finit par mettre en relation cette science, cette vision des choses, et sa guérison. Alors qu’en fait la guérison procède de tout autres choses. . . un chagrin d’amour ne dure pas toute la vie . . le temps a fait son effet sur la guérison de Françoise Giroud et que par la suite elle a construit la légende d’un Lacan. . . je ne pense pas que ce genre de jeux de mots déconnants aient pu sauver ou guérir qui que ce soit. . . je pense que c’est une pensée magique. Tant qu’à avoir une pensée magique, autant avoir une pensée philosophique . . mise à la disposition du plus grand nombre.

BC : Je pense que là c’est un peu différent. C’est que, dans la parole, en psychanalyse, la parole a une fonction affective bien plus qu’une fonction informative. C’est-à-dire qu’on ne peut pas parler sans s’affecter. On ne peut pas ; affecter c’est déclencher l’amour, déclencher la haine, déclencher la colère, c’est affecter. C’est à peu près impossible de parler régulièrement à quelqu’un sans l’affecter, sans être affecter par lui ou par elle. SI on se donne rendez-vosu intentionnellement pour parler de soi, . . ça mène à une authenticité de la parole et à un travail d’élaboration de la représentation de soi. De plus, dans la séance, . . il y a une proximité affective qu’on n’a jamais ailleurs dans la vie. Ce ne sont pas les mots qui guérissent mais la proximité affective de la parole.

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