Blog-note de jef safi

p o é s i r

avec . . Maurice Couquiaud
Un profil de buée

vendredi 14 janvier 2011

II
Le vent du monde emporte des planètes
et les enroule autour des flammes.
Fête multicolore des premières bombes
qui construisent un village dans le néant
à grands coups de fusions contagieuses,
de rayonnements furtifs, d’expansions géantes.
Tous les desseins de l’existence
se glissent au fond de la matière
pour la grande parade des conséquences,
l’alignement des faits,
la foire des sous-produits.
Le hasard se ruine en circonstances.
Rupture d’espace. Voltige du temps.
L’avenir se fripe dès qu’il s’assoit
comme l’étoffe dont il s’habille.

III
L’énergie bat le rappel des forces
qui viendront compliquer la substance,
lui offrir les possibilités de l’inutile,
le tumulte des pierres et de l’intelligence.
Mais les astres ne l’ont pas compris encore.
Ils s’écartent sans déchirer la plèvre.
Pour scintiller au large
les galaxies prennent souffle de lumière
dans le magma silencieux des origines.
La molécule se cherche une famille
pour accéder à l’importance du composé.
Convulsions d’invisible ! Chute des corps simples.
Lasses de tournoyer au bon plaisir des gouffres,
les particules montent à l’assaut du geste.

V
Les lointaines échéances du vide
se payent en monnaie d’étoiles.
Le destin ouvre un compte sur la terre.
Mais le brouillard estompe d’infini
la première signature de la plume inconnue
devant les greffiers de l’intemporel,
laisse anonyme le don de toute mouvance
aux héritiers de l’immuable.